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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 19:38

 

 Pollution / Algues vertes / Plans de lutte de l’Etat et la Région

 

 

 013 Site Préfet Région Bretagne

 

Une page du site internet de la Préfecture de Région Bretagne

consacrée au "Plan algues vertes"

 

(photo ed - 01-05-11)


 


Dans le précédent article de ce blog sur les algues vertes (le 28-04-11 - cliquer ICI), je parlais du « trait d’humour » de l’association « AE2D Brest » comparant un reportage de « TF1 » à la campagne d’affichage de « France Nature Environnement » dans le métro parisien en Février contre laquelle le Président de Région Jean-Yves Le Drian avait porté plainte.

 

Depuis, outre la chaine télévisée TF1 la presse quotidienne régionale a décrit l’arrivée d’algues vertes sur le littoral breton … y compris sur nos côtes du Sud-Finistère, à la surprise des scientifiques, paraît-il, qui prévoyaient un phénomène plus tardif … « mais la météo d’avril a retourné la situation ».

 

Ainsi Ouest-France daté de samedi 30 avril 2011 a publié en page 7 Finistère une photo de la plage de Cap-Coz à Fouesnant où 100 m3 d’algues vertes ont dû être ramassés, tout en citant le maire Roger Le Goff qui « n’en fait pas une montagne » puisque « ça concerne une plage de 1,5 km sur 14 km de plages ».


C’est tout de même un réel problème, tant sanitaire que touristique, reconnu maintenant officiellement.

 

 

014 OF Algues vertes prolifèrent déjà 30-04-11

 

Article du journal "Ouest"France"  (Edition Finistère Sud)

"Les algues vertes prolifèrent déjà sur le littoral" publié le 30 avril 2011 (page 7)

 

 

 

Les solutions …

 
Notre titre pour l’article du 28 avril évoquait aussi, après le couple « humour/procès », le terme « solutions ».


Alors quelles sont ces solutions possibles ?

 

Les deux lecteurs du blog qui ont bien voulu nous faire part de leurs commentaires distinguent avec raison les solutions à court et long termes … et n’oublient pas d’y mettre aussi une part d’humour :

 

l’un parle d’un « bon sujet de discorde » entre les innombrables acteurs concernés, y compris des « comités Théodule autoproclamés défenseurs de l’environnement » et prévoit du coup qu’on ne pourra espérer régler les problèmes « avant 2050 » …. et l’autre de « politique de la serpillère » alors qu’il faudrait plutôt « fermer le robinet » !

 

Dans Ouest-France du 30 avril, l’article « Les algues vertes prolifèrent déjà sur le littoral » du journaliste Thomas Segui est complété par deux entretiens instructifs :

 

le premier est réalisé avec Jean-Yves Piriou, biologiste à l’IFREMER, qui détaille les phénomènes en jeu (météo, faible brassage de la mer face aux quantités de nitrates déversés …) et conclut, en se référant au « Plan anti-algues vertes Etat-Région » : « Dans le Finistère, aucun dossier n’a encore été mis en œuvre (…). Mais j’y crois. Ca va être dur, comme tout changement. De toute manière, si les agriculteurs n’y vont pas, c’est la règlementation qui l’imposera » !

 

le second est réalisé avec André Sergent, vice-président de la Chambre d’agriculture du Finistère qui reconnaît que « le nitrate joue un rôle indéniable dans la prolifération des algues vertes » mais défend l’agriculture – « qui n’est pas la seule source de nitrate » -  et les agriculteurs – « qui ont évolué dans leurs pratiques en faisant beaucoup d’efforts ». En citant les bas taux de nitrates désormais exigés, il fait aussi ce commentaire vif : « On est dans le faux ! Si on veut avoir plus blanc que blanc, on n’a qu’à supprimer les activités agricoles et humaines ! ». 

 

Ses propos, tels qu’ils sont rapportés dans le journal, se terminent sur ce qui me semble être une « ouverture » : « La majorité des agriculteurs appliquent le programme de la directive européenne nitrate (…). Mais il reste encore des choses à faire, comme la fabrication d’engrais minéral en substitution des engrais chimiques ».


Je ne suis pas une spécialiste de ce domaine mais n’est-ce pas un « appel » et une façon de mettre aussi « la balle dans le camp » des fabricants d’engrais ? Chiche ! Eux aussi peuvent participer à l’incontournable démarche de « développement durable » …

 

Une autre remarque en passant : Dans « Ouest-France » cité, on parle d’agriculture en général ; jamais le cas des éleveurs porcins n’est signalé. Pourtant, il faut sûrement détailler et cibler en les hiérarchisant les problèmes, même si tous sont à prendre en compte … non ?

 

 

Le "Plan anti-algues vertes" de l’Etat porté par le Préfet de Région …

 

Certes non spécialiste en agriculture mais néanmoins citoyenne qui aspire autant à la protection de l’environnement qu’à une vie professionnelle la plus satisfaisante possible de mes concitoyens agriculteurs … j’ai tâché d’y voir un peu plus clair en consultant le « Plan » en question et ses suites.

 

A toutes fins utiles, je résume quelques-unes des pistes intéressantes trouvées pour tâcher de mieux comprendre les enjeux et objectifs déclarés.

 

Il s’agit évidemment d’extraits … car les textes sont longs ! (on peut aller voir directement l’ensemble et les détails grâce aux liens indiqués au fur et à mesure et plus bas : « Pour en savoir plus »).

 

 

D’abord le « Schéma de gouvernance du Plan algues vertes » du 04/10/2010 :

 

« Afin de décliner de façon efficace le Plan de lutte contre les algues vertes en Bretagne, le préfet de région a créé et formalisé par arrêté 3 instances :

1) Un comité de pilotage resserré , associant les structures suivantes :

  - Préfecture de Région et Préfectures des Côtes d’Armor et du Finistère
  - Conseil Régional de Bretagne et Conseils Généraux des Côtes d’Armor et du Finistère
  - Agence de l’Eau Loire Bretagne
  - Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie de Bretagne

2) Un comité régional de suivi , instance large de concertation, associant les élus, les associations et les organisations agricoles et agroalimentaires

3) Un comité scientifique , positionné en expertise des choix techniques envisagés

 

D’où ce graphique sur la comitologie simplifiée du Plan algues vertes :

 

011 Comitologie Plan Algues vertes Préfet

 

la "comitologie" du Plan Algues Vertes de la Préfecture de Région Bretagne

  

Ensuite, le très utile « Avis du comité scientifique algues vertes » du 07/02/2011 publié le 20/02/2011 :

«  COMMENTAIRES GENERAUX SUR LES PROJETS DE LA LIEUE DE GREVE

ET DE LA BAIE DE SAINT-BRIEUC »

 

« Ces deux projets, bien qu'inégaux, marquent clairement une volonté de la profession agricole de diminuer les fuites d'azote nitrique à la rivière et à la mer côtière, ce qui est un premier point très positif. Néanmoins, ces deux projets proposent des actions dont l’ambition globale risque d’être insuffisante (…).

On regrettera donc que les deux projets ne mettent pas suffisamment la priorité sur des pratiques diminuant massivement les apports d'azote sur les terres : diminution massive des excédents d’azote et usage parcimonieux et ad hoc des engrais minéraux, très forte réduction des achats d’aliments (au moins pour les ruminants), meilleure utilisation des déjections, installations permettant l'élimination de l'azote (dénitrification) ou son exportation hors zone (séparation de phase, séchage, compostage...), voire réduction du cheptel si besoin. (…).

Des actions novatrices sont toutefois proposées dans le cas de la Lieue de Grève et elles doivent être encouragées » (…).

 

On trouve aussi des détails techniques dont nous retenons ici qu’ils sont liés au souci du respect de la flore algale bretonne (« pas question d’une éradication totale des algues vertes ») … et à la prise en compte d’une « compatibilité avec l’usage touristique » :

 

« L’hypothèse de base de concentration en nitrate pour permettre l'éradication des marées vertes indiquée par les deux projets qui affichent un objectif ultime de 10 mg/L NO3 dans les tributaires risque de s’avérer insuffisante. Nous rappellerons que les travaux de l'Ifremer indiquent depuis 20 ans que dans une baie confinée, la marée verte s'installe vraisemblablement dès qu'on dépasse 5 mg/L NO3 dans les tributaires et atteint son maximum dès qu'on a atteint 15 à 20 mg/L NO3 (…).

Toutefois, à 5 mg/l, même dans les conditions très défavorables de la Lieue de Grève, il est probable que la biomasse échouée sur les plages soit compatible avec l’usage touristique. » (…).

 

… et des propositions :

 

« Nous suggérons que ce plan « algues vertes » soit l’occasion de réaliser un « outil moteur » de plan prévisionnel de fumure (PPF) régional ou interrégional mettant en oeuvre tous les acquis disponibles de l'agronomie et de la fertilisation équilibrée. » (…).

 

La conclusion est claire :

 

« En l’absence d’une forte réduction de la pression agricole, qui pourra nécessiter des changements structurels majeurs, les efforts entreprise aujourd’hui semble avoir peu de chance d’aboutir aux objectifs escomptés en 2027 par le plan algues vertes à savoir le bon état écologiques des cours d’eau » (…).

 

« Le comité scientifique souligne pour finir que même le projet le plus abouti, celui de la Lieue de Grève, ne constitue qu’une première étape dans la démarche pouvant mener à des réductions importantes des flux d’azote. Cependant, il est également clair pour le comité qu’une étape plus importante devra être conduite après 2015 au vu des résultats obtenus. Prenant en compte l’inertie et le temps de réponse des bassins versants, le comité scientifique répète, comme il l’a indiqué dans son premier avis, qu’en l’absence d’une forte réduction de la pression agricole, qui pourra nécessiter des changements structurels majeurs, les efforts entrepris aujourd’hui semblent avoir peu de chance d'aboutir aux objectifs escomptés en 2027 par le plan algues vertes, à savoir le bon état écologique des cours d’eau. Il semble important au comité de poursuivre la réflexion, sans contraintes, sur le long terme ».

 (Extraits des pp. 2 et 3 du document pdf de 24 pages)

 

… et le partenariat avec le Conseil Régional de Bretagne

 

On n’en donne ici qu’un aperçu, réservant pour un autre article la présentation des actions plus détaillées du Conseil Régional de Bretagne … en tâchant aussi de les confronter aux appréciations des autres acteurs de ce vaste chantier des algues vertes.

Cet aperçu concerne le communiqué/dossier de presse du vendredi 11 mars 2011 intitulé « Plan Algues vertes – Bassins versants de la Lieue de Grève - Jean-Yves Le Drian à la rencontre des acteurs du projet de Territoire »

 

Le texte rappelle d’abord combien les algues vertes ont été au cœur de l’actualité ces dernières semaines … en précisant :

 

« Jean-Yves Le Drian a dû réagir face à une campagne média et des propos qui ne peuvent que contrarier tout le travail mené depuis un an et demi. Ce travail passe nécessairement par un dialogue serein - auquel les territoires sont parvenus - entre les différentes parties concernées. Exemple dans les Côtes-d’Armor où Jean-Yves Le Drian a rencontré, le 11 mars, les acteurs du projet de territoire de la Lieue de grève. Présentation d’une réelle dynamique locale et illustration dans une ferme pilote de Plouzélambre ».

 

Remarque personnelle : on n'y parle pas du procès contre FNE ... D'ailleurs : où cela en est-il ? Nous l'ignorons pour l'instant.

 

Il souligne ensuite les rôles respectifs de l’Etat et la Région et spécifient les « contrats de territoire » :

 

« Depuis septembre 2009, la Région s’est engagée, de manière exigeante, au côté de l’Etat, dans l’élaboration du plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes en particulier sur le volet préventif (les volets curatifs et sécurisation sanitaire relevant, pour leur part, de la seule responsabilité de l’Etat). »

 

« Un premier projet de territoire.


La clé de voûte de ce plan, et plus particulièrement du volet préventif, est la mise en œuvre de contrats de territoire par les 8 baies concernées1 qui ont accepté de relever le défi.

Les deux territoires pilotes (La Lieue de Grève et la baie de Saint-Brieuc) ont transmis leur projet, pour avis, au Comité scientifique, en novembre dernier » (…).

 

Enfin, il décrit la stratégie régionale dans la lutte contre les algues vertes :

 

«  Une stratégie régionale pour accompagner les projets de territoire.

 

Après s’être imposée comme un partenaire exigeant et ambitieux du plan de lutte contre les algues vertes, la Région s’est dotée, en février dernier, d’une stratégie pour accompagner la mise en oeuvre des projets de territoire.

 

La Région oeuvre depuis de nombreuses années pour la reconquête de la qualité de l’eau à travers ses politiques agricoles et environnementales notamment. Cette stratégie s’inscrit donc dans le prolongement de cette ambition et s’appuie sur l’ensemble des grandes politiques régionales en matière de développement économique, touristique, emploi, formation et environnement. Elle s’ancrera, naturellement dans la Nouvelle Alliance pour l’agriculture bretonne, en cours de définition.

 

Par la cohérence de l’ensemble de ces actions, les objectifs sont d’accompagner les agriculteurs et les territoires, d’orienter les filières agro-alimentaires vers des productions à forte valeur ajoutée et de stimuler les partenariats entre agriculture et tourisme.

 

La Région a prévu de dédier 20 M€ sur 5 ans (2010-2015) pour ces 8 projets de territoire. ».

 

 

 

En conclusion provisoire ...

 

Effectivement le lien doit être fait avec la démarche de la Région appelée « Nouvelle Alliance pour l’agriculture bretonne » qui a donné lieu à une consultation publique lancée en Janvier 2011 sur tout le territoire breton auprès du grand public et des acteurs concernés, avec notamment un site internet participatif.

 

La lecture de l’article « Concertation agricole – Retrouvez la synthèse des débats sur l’avenir de l’agriculture en Bretagne » présenté sur le site du Conseil Régional donnera une idée des contenus des débats.

 

014 Site Conseil Rég Bretagne Synthèse Agriculture Avenir

 

La page du site internet de la Région Bretagne

présentant la synthèse des débats de début 2011

sur l'avenir de l'agriculture en Bretagne

 

(Photo ed - 01-05-11)

 


Il restera ensuite à voir ce que cela donnera concrètement sur le terrain.

 

Un dernier mot : nous avons parlé à diverses reprises d'humour ...mais nous n'oublions  pas  les épisodes dramatiques de l'été 2009 à cause des algues vert es (cliquer ICI). Il y a donc véritablement urgence à trouver les bonnes solutions à la prolifération des algues vertes, principe de précaution oblige, en plus d'autres motifs à développer plus tard.


A suivre donc. 

 

Pour en savoir plus :

 

 Préfecture de la Région Bretagne :

 . Page d’accueil : cliquer ICI.

 . « Schéma de gouvernance du Plan algues vertes » du 04/10/2010 : cliquer ICI.

 . « Avis du comité scientifique algues vertes » du 22/02/2011 : cliquer ICI.

  

 Conseil Régional de Bretagne

 . Page d’accueil : cliquer ICI.

. Communiqué et dossier de presse du 11 mars 2011 : cliquer ICI.

. Synthèse des résultats de la consultation publique "Avenir de l'agriculture en Bretagne" : cliquer ICI.

 

IFREMER 

. Page d’accueil : cliquer ICI.

 

Où est « Le lieu » de Grève ... ? – Cliquer ICI.

 

 

Evelyne Dumont

 

_____ o _____

 


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commentaires

doc zaïus 02/05/2011 09:48


Bonjour,
La prolifération des algues vertes a commencé à poser un problème il y a déjà plusieurs années.
Je suis stupéfié d’apprendre que c’est seulement en Avril 2011 que les autorités responsables de la région se sont enfin décidées à s’occuper du problème.
( Lorsque je disais ma crainte de ne pas voir le problème résolu avant 2050, je pense qu’on est bien partis pour….)
On sait que, lorsqu’on veut enterrer un problème, il suffit de nommer une commission.
Et, qu’ont fait nos élus ? Ils ont nommé non pas une, mais trois commissions. C’est là que l’on admire l’exercice de l’art de la « comitologie ».
Une commission génère surtout du papier, nous allons donc voir pleuvoir de nombreux rapports , des résolutions , et beaucoup d’incantations et d’exhortations.
J’ai même lu qu’il était question d’une
« Nouvelle alliance pour l’agriculture bretonne »
Ces accents quasiment bibliques nous promettent une croisade pour la reconquête de la plage promise. Souhaitons bonnes chance aux nouveaux croisés.
Je n’ai qu’un regret, je n’ai pas vu de plan d’investissement pour l’achat de camions et d’engins de nettoyage, ni de dispositions pour le stockage des algues et leur valorisation.
Mais je dois avoir l’esprit mal placé….